Le mystère reste entier. Pour l'heure, il reste difficile d'expliquer comment
un simple feu de poubelle a pu être à l'origine d'un colossal incendie.
Dans la nuit de samedi à dimanche, vers 1h 30, un feu de poubelle est survenu
dans l'appentis attenant au foyer Adoma. L'incendie s'est propagé de manière
fulgurante. Le feu a atteint le neuvième étage de l'immeuble où résidaient 141
immigrés.
Bilan : une façade latérale noire, totalement carbonisée du rez-de-chaussé
jusqu'au neuvième étage.
Le bilan humain n'est pas moins déplorable. Sept personnes ont perdu la vie
dans l'incendie. Trois Français, deux Sénégalais, un Algérien et un Vietnamien.
Six d'entre eux sont décédés par asphyxie et l'autre en tentant de s'enfuir du
septième étage de l'immeuble.
130 personnes sont blessées, parmi elles, cinq se trouvent entre la vie et la
mort, indique Europe 1.
"L'enquête s'annonce longue et difficile" a indiqué le procureur de la
République de Dijon.
En effet, de nombreuses questions subsistent et les policiers expliquent
"n'écarter aucune piste", selon le correspondant de RTL.
Où en est l'enquête ? Quelles sont les causes de l'incendie ? Comment le feu
a-t-il pu se propager aussi rapidement ? Les sauveteurs ont-ils tardé à arriver
?
Contacté par Le Post, une source proche de l'enquête nous en dit un peu plus.
1.
Les secours ont-ils tardé à arriver ?
Lors de sa visite à Dijon, Brice Hortefeux a tenu à féliciter les pompiers
pour la rapidité de leur intervention. Ces derniers auraient mis seulement neuf
minutes à intervenir après le premier appel d'alerte.
Mais selon le témoignage de Rémy Kukulinsky, le premier témoin du drame qui
s'est joué dans l'immeuble, les pompiers auraient mis bien plus de temps à
intervenir, indique Dijonscope. C'est lui qui a été le premier à avoir contacté
les pompiers.
Alors qu'il rentrait au foyer, il a été alerté par le feu de poubelle. "J'ai
appelé les pompiers à 01h04", affirme-t-il, historique des appels à l'appui.
"J'ai appelé quatre fois au fur et à mesure que le feu se propageait" et ce,
jusqu'à 01h26, heure à laquelle le colonel Chauvin affirme avoir enregistré
l'appel, indique Dijonscope.
Rémy Kukulinsky raconte ensuite sa nuit de cauchemar : le feu qui se répand
dans tout l'immeuble, les personnes qui tentent de s'enfuir en sautant par les
fenêtres, les cris, la fumée noire...
2.
La vétusté de l'immeuble pointée du doigt
"L'enquête permettra de déterminer s'il y a un défaut de fabrication dans
l'immeuble", nous explique une source proche de l'enquête.
"Pour l'instant, l'immeuble est considéré comme étant dans les normes. Des
analyses vont-être réalisées sur le revêtement mural qui s'est enflammé. Cela
permettra de savoir si cette propagation rapide des flammes est normale", ajoute
cette même source.
"Les équipements incendie, détecteurs de fumée, portes coupe-feu, alarmes
incendie, ont fonctionné", écrit Adoma dans un communiqué publié lundi, indique
Le Figaro.fr.
Adoma ajoute qu'elle "a consacré 1.200.000 euros depuis 2005 à des travaux
d'entretien et de mise en sécurité sur le foyer".
Plusieurs témoins mettent en cause la vétusté du foyer. Construit en 1973
dans le quartier de la Fontaine-d'Ouche, le foyer Adoma de Dijon haut de neuf
étages peut accueillir près de 190 résidents. Les chambres mesurent entre 4m² et
12m².
"Ce bâtiment vieillit mais il n'est aucunement insalubre", affirme un
résident.
Pourtant, selon les informations du Parisien, le dispositif anti-incendie
serait défectueux, ce qui expliquerait la propagation rapide de l'incendie.
"Dans une telle configuration, je me suis toujours dit qu'en cas de feu, les
gens pourraient se retrouver piégés", lâche un salarié d'Adoma.
Par ailleurs, le gardien de nuit, chargé d'assurer la sécurité des résidents,
doit jongler entre plusieurs résidences. Il n'était donc pas présent au foyer
Adoma au moment de l'incendie.
3.
Piste criminelle ou piste accidentelle ?
Pour l'heure, toutes les pistes sont envisagées par les enquêteurs.
"L'incendie peut aussi bien être criminel que accidentel", explique au Post une
source proche de l'enquête.
"C'est possible qu'un simple mégot ou le contenu d'un cendrier soit à
l'origine du feu", nous rapporte cette même source.
Toutefois, Rémy Kukulinsky apporte un témoigne troublant concernant
l'incendie : "J'ai vu un conteneur à poubelles brûler, puis j'ai entendu un boum
et toutes les autres poubelles ont pris feu. Il y a eu un deuxième boum et les
flammes sont montées très très haut."
"Ces explosions peuvent être dues au contenu des poubelles. Par exemple, si
une bouteille de White Spirit se trouvait parmi les déchets, il est probable
qu'il y ait eu de telles explosions. Nous allons regarder ce qu'il y avait dans
ces poubelles", explique au Post une source proche de l'enquête.